Et si la danse pouvait dire ce qui ne se formule pas ? Avec IN, Margot Bouchet signe une création filmée qui explore l’espace intérieur — celui du corps, de la mémoire, de la sensation brute. Une œuvre produite par Moovance en collaboration avec Liveo, tournée à L’Hôtel 15.
UN TITRE, UN ESPACE, UNE INTENTION
IN. Un seul mot, deux lettres. Dedans. Le titre dit tout et ne dit rien — il ouvre une direction plutôt qu’il n’impose un sens. C’est précisément ce que cherche Margot Bouchet dans cette création : non pas raconter, mais inviter. Inviter le spectateur à entrer dans un espace où le mouvement naît de l’intérieur, organique et nécessaire, loin de toute démonstration.
Pour cela, le lieu avait toute son importance. L’Hôtel 15, porté par Liveo, offre à la caméra de Moovance des espaces chargés de matière et de temps — des volumes intimes qui entrent en résonance directe avec l’univers de la danseuse. Entre les murs de cet hôtel particulier, le corps de Margot dialogue avec l’espace, s’y love, s’y déploie, s’y perd parfois. Le décor ne sert pas de toile de fond : il participe.
LE MOUVEMENT COMME LANGAGE DU SENSIBLE
Ce qui frappe dans IN, c’est l’économie de moyens au service d’une intensité maximale. Pas d’artifice, pas d’effet — juste un corps qui ressent et qui dit. « J’aime quand le mouvement est organique et qu’il part d’une sensation », confie Margot. « J’aime sentir l’énergie qui me traverse et la contraction des muscles. » Une danse qui ne cherche pas à être belle : elle cherche à être vraie.
Cette vérité-là, Margot la traque depuis le début de son parcours. Formée au Conservatoire d’Avignon puis à l’École Nationale de Danse de Marseille, passée par Europa Dance Company à Bruxelles et l’AREA Jeune Ballet à Genève, elle a construit des bases techniques solides — classique et contemporain — qu’elle a progressivement mises au service d’une recherche plus personnelle, plus intérieure.
UNE INTERPRÈTE QUI MARCHE ENTRE LES SOUVENIRS
C’est au Théâtre du Corps, compagnie de Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault, que quelque chose s’est précisé. En rejoignant la promotion Jean Babilée du CFA Pietragalla-Derouault en 2023, Margot y approfondit le lien entre théâtralité, émotion et interprétation — là où le geste devient porteur de sens et de récit. Une étape décisive dans la construction d’une artiste qui ne sépare plus le corps du sensible.
Sa participation à Notre Sacre de Blanca Li, en collaboration avec l’orchestre Les Dissonances, présenté à la Philharmonie de Paris puis à l’Institut de France, ou encore sa collaboration avec Mehdi Kerkouche au CCN de Créteil pour Portrait, confirment une présence scénique aussi à l’aise dans les grandes institutions que dans les projets de création contemporaine.
MARGOT BOUCHET SE RACONTE
RIEN N’EST FIGÉ
« Avec le temps, mon corps est devenu mémoire. » Margot Bouchet se définit comme une interprète du mouvement et de la sensation — une artiste en perpétuelle recherche d’elle-même, qui a appris, petit à petit, à accepter de ne pas avoir les réponses. Ce n’est pas une faiblesse : c’est le moteur.
Car ce qui lui donne envie de danser encore, c’est précisément ça — que rien n’est figé. Ni dans le corps, ni dans l’identité, ni dans l’art. IN en est la démonstration la plus directe : une création qui ne conclut pas, qui reste ouverte, vivante, en mouvement.
Crédits
- Chorégraphie et interprété par Margot Bouchet
- Produit par Carine Loison
- Réalisé par Morgan Eloy
- Assisté de Romain Breton
- Musique : Murcof (remix by Philippe Miró)
- Tourné à L’Hotel 15, lieu porté par Liveo
- En partenariat avec Liveo








