Pax on the Moon sculpte sa danse au croisement du hip-hop, du popping et de l’animation. Portrait d’un artiste qui fait du contrôle une poésie et de l’enfance une philosophie.
QUAND LE CORPS DEVIENT ILLUSION
« Ma force dans ma danse, c’est le contrôle, les effets visuels, les dissociations. » Derrière cette formule précise se cache un univers fascinant. Pax on the Moon, 28 ans, danseur parisien, a fait du hip-hop et de l’animation les fondations d’un style immédiatement reconnaissable — celui d’un corps capable de se figer, de vibrer, de glisser comme s’il défiait les lois du mouvement. Une précision millimétrée qui n’a rien de mécanique : elle est au contraire entièrement mise au service de l’émotion.
Car ce qui distingue Pax, c’est la coexistence des contraires. Entre blocages nets et fluidité organique, entre maîtrise technique et liberté totale, sa danse joue en permanence sur les contrastes. « Je mets beaucoup de contraste entre les blocages et des moments très fluides. » Un équilibre rare, fruit de dix ans de pratique et d’une curiosité artistique sans bornes.
L’ENFANT INTÉRIEUR COMME BOUSSOLE
Si la technique est l’outil, l’enfance en est le moteur. « Ce que j’ai voulu dire dans ma danse aujourd’hui, j’ai voulu appeler l’enfant intérieur qui était en moi. » Pour Pax, cette quête n’est pas anecdotique : elle est le cœur de tout. L’insouciance, le jeu, l’innocence — autant de qualités qu’il s’efforce de préserver non seulement dans sa danse, mais dans sa vie quotidienne.
Une posture qui résonne avec son nom de scène. Enfant, on lui écrivait dans ses carnets : tête en l’air, tête dans les nuages. Ce que d’autres lui reprochaient, il en a fait une identité artistique. « J’ai envie de dire à mon moi d’il y a 20 ans : reste dans les nuages. » Pax on the Moon, littéralement.
TABLEAU — UNE CRÉATION SIGNÉE MOOVANCE
Dans cette création exclusive tournée pour Moovance dans la Petite Halle du Studio Kremlin, Pax on the Moon dialogue avec Tableau, le titre de Kaky. Le lieu, avec son architecture industrielle réhabilitée, offre un écrin saisissant où sa danse déploie toute sa puissance visuelle. Entre sauts, dissociations et moments suspendus, chaque séquence est une invitation à la rêverie.
FAIRE RÊVER, PAS DÉMONTRER
Derrière la virtuosité, Pax cultive une philosophie généreuse du rapport au spectateur. « J’aime faire rêver les gens quand ils me regardent danser. J’aime les laisser dans une interprétation qui est la leur. » Une posture rare dans un milieu parfois dominé par la performance technique : ici, ce que le public reçoit importe autant que ce que l’artiste donne. La danse comme espace ouvert, où chacun apporte sa propre lecture.
Cette ouverture se retrouve dans ses sources d’inspiration. Si la musique reste le déclencheur premier, Pax puise aussi dans les états, les pensées, les fragments de phrases. « Ce qui est bien avec la danse, c’est qu’on peut appeler plein d’émotions différentes. » Une versatilité revendiquée — hip-hop, popping — qui fait de chaque performance un territoire nouveau.
PAX ON THE MOON SE RACONTE
Dans ce portrait filmé par Moovance, Pax on the Moon se livre avec sincérité sur son parcours, sa vision de la danse et ce qu’il souhaite transmettre. Une rencontre directe, sans détour, avec un artiste attachant et habité.
UN MESSAGE AUX DANSEURS QUI COMMENCENT
Pax n’oublie pas d’où il vient, ni ce que les débuts peuvent avoir d’intimidant. Son message aux jeunes danseurs est sans ambiguïté : « Faites ce que vous voulez, ne posez pas de questions sur les regards des gens, ce qu’on va penser de vous. L’art, c’est de l’expression. Et l’avis des autres, on s’en fout un peu. » Une invitation à l’audace et à l’authenticité, portée par quelqu’un qui a su faire de ses nuages une signature.
Tant que ce que l’on ressent est vrai et sincère — c’est le principal.








