Matthias Damayromey : Improvisation enneigée au Studio Kremlin

6 Jan 2026

Dans l’urgence d’un instant saisi, Moovance capture une improvisation chorégraphique de Matthias Damayromey au cœur du Studio Kremlin enneigé. Cette rencontre spontanée entre le danseur et un lieu en transformation donne naissance à une vidéo où la gestuelle contemporaine et hip-hop dialogue avec l’architecture industrielle suspendue sous la neige.

L’INSTANT COMME TERRITOIRE CHORÉGRAPHIQUE

Tout s’est décidé sur l’impulsion du moment. Face à l’espace en travaux du Studio Kremlin recouvert de neige, sous la structure métallique qui rappelle l’esthétique Eiffel, l’évidence s’est imposée : capter cette rencontre éphémère entre un corps en mouvement et un lieu en mutation. Matthias Damayromey a répondu à l’appel, transformant cette friche hivernale en terrain d’exploration chorégraphique.

La neige devient ici bien plus qu’un décor. Elle inscrit la trace des déplacements, révèle la force des appuis, amplifie la présence du corps dans l’espace. Chaque geste laisse son empreinte sur la blancheur immaculée, comme une écriture éphémère qui dialogue avec les lignes géométriques de la charpente métallique. L’improvisation de Matthias navigue entre ancrage et suspension, entre la brutalité du sol gelé et la légèreté aérienne que suggère la verrière transparente.

QUAND LE LIEU CONVOQUE LA DANSE

Cette rue juxtaposée au Studio Kremlin, figée dans son état transitoire entre passé industriel et devenir socio-culturel, offre un écrin singulier à cette performance improvisée. La structure Eiffel qui surplombe l’espace crée un jeu d’ombres et de lumière, tandis que la neige amortit le bruit, installant une atmosphère suspendue, presque irréelle. Dans ce silence ouaté, seul le souffle du danseur et le frottement de ses appuis viennent ponctuer la chorégraphie.

Matthias Damayromey, dont la pratique mêle les codes du contemporain et du hip-hop, trouve dans cette configuration inattendue un terrain propice à l’hybridation de son vocabulaire gestuel. Ses mouvements épousent les contraintes du lieu – le sol glissant, le froid mordant, l’espace contraint par les échafaudages – pour en faire des ressources expressives. La danse devient alors réponse sensible à un environnement qui impose ses règles.

LA SPONTANÉITÉ COMME MÉTHODE DE CRÉATION

Cette captation témoigne d’une approche particulière de la production audiovisuelle, où la réactivité et l’intuition priment sur la planification. En choisissant de saisir l’instant plutôt que de le programmer, Moovance et Matthias Damayromey acceptent l’imprévu comme matière créative. Cette vidéo n’est pas la documentation d’une performance préexistante, mais bien la création d’une œuvre chorégraphique et cinématographique née de la rencontre fortuite entre un lieu, un moment et un corps.

L’improvisation enneigée de Matthias Damayromey rappelle que la danse peut surgir partout, que les espaces en marge – industriels, en friche, transitoires – offrent des possibilités poétiques insoupçonnées. Cette vidéo capture un fragment de temps suspendu, où la neige, le métal et le mouvement composent une partition éphémère qui ne se rejouera jamais à l’identique.

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